Éditorial

2020-2021: 66e Saison des ATP d’Avignon

La 66e saison s’affirme résolument optimiste après les déboires imprévus qui ont affecté le précédent programme. L’association, qui poursuit sa mission dans l’éthique de Jean Vilar – « la qualité pour tous » – a tenu à privilégier la qualité. C’est ainsi que, sur les trois spectacles retenus pour leur excellence et qui ont dû être annulés, deux sont reportés cette année, Sang Négrier et Échos Ruraux, tandis que le troisième, Phèdre !, particulièrement attendu, devrait s’inscrire dans la future programmation.

Cette saison débute en octobre avec la bouleversante interprétation du texte de Laurent Gaudé, Sang négrier, rappel salutaire d’une page ignominieuse de notre histoire, volontiers occultée. Suivent des spectacles ancrés dans le quotidien de notre société : Échos ruraux, évocation saisissante des graves problèmes rencontrés aujourd’hui par les agriculteurs, J’ai rencontré Dieu sur Facebook, qui met à nu avec finesse et humour le dangereux processus de la radicalisation, et Fado dans les veines, création coproduite par la FATP, qui interroge l’histoire du Portugal depuis l’aventure migratoire du siècle dernier, la Révolution des œillets, jusqu’aux enjeux politiques et économiques d’aujourd’hui, dans une odyssée poétique nourrie de chants et de musique.

Fidèle à la tradition classique que les ATP pérennisent, le programme propose trois œuvres d’auteurs consacrés qui font revivre des aventures singulières, interprétées avec un brio exceptionnel : Vipère au poing d’Hervé Bazin, témoignage incendiaire d’une enfance dévastée, Le Double de Dostoïevski où s’estompe la frontière entre fantasme et réalité, enfin Illusions perdues d’Honoré de Balzac, proposé en option par la Scène Nationale de Cavaillon, qui détaille le parcours désenchanté d’un jeune ambitieux.

Une note légère vient animer l’ensemble du programme avec trois spectacles récréatifs qui jalonnent la saison. Le premier, présenté à la FabricA dans le cadre du partenariat avec le Festival, Le joueur de flûte, d’après un conte de Grimm, qui se décline comme une fable initiatique polysémique. Le second, Madame est morte, sur un texte de Michel Heim, offre, à la veille des fêtes de fin d’année, un épisode historique traité avec humour sur un mode comique. Et c’est le grand maître du rire, Georges Feydeau, qui apporte en fin de saison un moment de franche gaieté avec Mais n’te promène donc pas toute nue, proposé en option au Théâtre du Chêne Noir.

Cette année offre donc un ensemble de dix spectacles dont deux en option, alliant la diversité et la qualité pour le plaisir de nos fidèles abonnés qui reste notre seule priorité.

La Présidente: Bernadette Rey-Flaud Alphandéry

 

Ce contenu a été publié dans Uncategorized. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.